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António Vitorino (OIM) : la migration est le grand enjeu de notre époque.

IOM Article mirgrants

19 décembre 2018 - La migration est le grand enjeu de notre époque. La Journée internationale des migrants 2018, que nous célébrons ce mardi 18 décembre, a pour thème « Des migrations dignes » (#Migrationsdignes).

La dignité est au cœur de notre mission. Traiter tous les migrants avec dignité est ce qui doit guider notre action avant toute autre chose quand nous intervenons sur la scène migratoire – une question difficile en cette époque de difficultés pour la communauté internationale – car notre avenir en dépend. Mais aussi notre présent.

Je suis arrivé depuis peu à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), que j’ai été appelé à diriger récemment. Il s’agit de l’une des organisations les plus anciennes et les plus efficaces de la communauté internationale. Pour sa part, la migration est aussi vieille que l’humanité. Ce qui signifie que l’OIM, qui n’a que 67 ans, est relativement jeune.

L’être humain est aujourd’hui une espèce qui migre ; des centaines de millions de personnes sont des migrants au sens large du terme. Il reste encore beaucoup à faire. Et aussi beaucoup à apprendre. Cependant, la dignité est notre priorité absolue. Surtout la dignité de choisir.

La migration est une force pour la dignité car elle permet à chacun de choisir de sauver sa vie, de se protéger, de s’instruire ou de se libérer. Elle permet à des millions de personnes de choisir la participation plutôt que l’isolement, l’action plutôt que l’inaction, l’espoir plutôt que la peur, et la prospérité plutôt que la pauvreté.

Nous devons valoriser ces choix en les respectant. Nous les respectons en traitant avec dignité ceux qui les font.

Nous aussi, nous avons le choix. Celui de répondre aux espoirs des migrants en les acceptant ; de répondre à leurs ambitions en leur offrant des perspectives. Le choix de les accueillir plutôt que de les rejeter.

Nous devons aussi respecter et écouter ceux qui, aujourd’hui, ont peur des changements que la migration entraîne dans leur vie. Fondées ou non, ces peurs sont réelles et méritent d’être prises en compte avec dignité.

Si nous ne donnons pas à tous les citoyens l’assurance que leurs choix sont, eux aussi, respectés, nous risquons de laisser échapper une véritable occasion de progrès. La migration est l’expression de choix que nous faisons ensemble – en réservant à nos nouveaux voisins (ou nouveaux voisins potentiels) un accueil fondé – ou non – sur le sens de la communauté.

L’adoption, au début du mois (le 10 décembre), du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières par une majorité écrasante d’États Membres des Nations Unies réunis à Marrakech est un pas en avant sur la voie de la dignité pour tous, d’un discours sur la migration plus équilibré et d’une vaste coopération sur les questions migratoires.

Le Pacte mondial réalise un équilibre délicat entre la souveraineté des nations et la sécurité, et la dignité que nous exigeons pour tout être humain.

À l’occasion de cette Journée internationale des migrants, proclamée chaque année par les Nations Unies le 18 décembre, il est bon de se rappeler cet équilibre et de ne pas oublier que ces deux éléments, loin d’être en concurrence, se complètent.

Le Pacte souligne la nécessité, pour tous les États, d’assurer des migrations bien gérées, et qu’aucun État ne peut y parvenir seul. Pour affronter le phénomène migratoire, une coopération s’impose à tous les niveaux.

En 2000, l’Assemblée générale des Nations Unies a décidé que le 18 décembre serait la Journée internationale des migrants. Cette même année, l’OIM a, dans son rapport État de la migration dans le monde, indiqué que plus de 150 millions de migrants internationaux avaient fêté le tournant du millénaire ailleurs que dans leur pays de naissance.

Dix-huit ans plus tard, le nombre d’hommes, de femmes et d’enfants qui migrent n’a cessé d’augmenter. On estime aujourd’hui à quelque 258 millions de personnes le nombre de migrants internationaux, auxquels s’ajoutent 40 millions de personnes actuellement déplacées à l’intérieur de leur propre pays en raison d’un conflit. Chaque année, des millions d’autres (18,8 millions en 2017) sont contraintes de quitter leur foyer en raison d’une catastrophe liée au climat ou d’un aléa naturel.

Le simple fait de migrer expose de nombreuses personnes à de grands dangers.

Les données de l’OIM montrent qu’à l’échelle mondiale, près de 3 400 migrants et réfugiés ont déjà perdu la vie en 2018. La plupart ont trouvé la mort en tentant de gagner l’Europe par la mer ; beaucoup d’autres ont péri en cherchant à traverser le désert ou des forêts denses en quête de sécurité, loin des points de passage frontaliers officiels. Ces chiffres, recueillis chaque jour par le personnel de l’OIM, nous font honte.

L’OIM réaffirme que la migration est un moteur de progrès et de développement non seulement pour les migrants, mais aussi pour les pays de transit et, surtout, pour les communautés d’accueil dans les pays de destination.

Nous réitérons notre appel à agir pour sauver des vies en garantissant des migrations sûres, régulières et dignes pour tous.

 

Par António Vitorino, Directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). 

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