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Surfer dans un océan de plastiques avec Monsieur « Plastic Soup Surfer »

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20 juillet 2018 - Le plastique. Nous le créons. Nous l'utilisons. Nous envahissons l’océan. 350 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année et seulement une fraction est recyclée. La plus grande partie se retrouvera dans une décharge ou dans nos océans. Comment pouvons-nous profiter de ce matériau magique sans pour autant polluer notre environnement ? Merijn Tinga met ce fléau mondial en perspective. L'activiste du surf, mieux connu sous le nom de « Plastic Soup Surfer », va d'un océan à l'autre afin d’attirer l'attention sur les déchets plastiques qui aboutissent dans la mer.

Un surfeur qui a pour mission de retrouver la mer qu'il aime

En tant qu'artiste visuel, Merijn Tinga essaie de raconter des histoires à travers ses œuvres. Il y a cinq ans, il a fait lui-même partie d’une œuvre d’art en se tenant littéralement debout sur son œuvre afin de raconter une histoire à contre-courant. Depuis lors, il n'a plus laissé le choix d’interprétation de son art. En tant qu'artiste, il explique clairement ce que son œuvre signifie. Il a, par exemple, traversé la mer du Nord avec une planche de surf fabriquée à partir de bouteilles en plastique PET ( polytéréphtalate d'éthylène ) pour mettre en évidence le problème qu’est la quantité de dépôt sauvage de plastique qui se déverse dans la mer et les rivières. Son but ultime est d'inspirer les autres.

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« Le plastique n'est pas mauvais en soi mais la manière dont nous l'utilisons est nuisible. » - Merijn Tinga

Le plastique sauve des vies. Il a révolutionné la médecine et a facilité l'aide humanitaire pour l'apport d'eau potable et de colis alimentaire. C'est, sans aucun doute, une invention extraordinaire. Mais c'est aussi un matériau polyvalent qui nécessite beaucoup de responsabilités. Nous abusons notre confort de plastique sans en prendre aucune responsabilité. Ce comportement nonchalant a conduit à un excès de plastique. Une fois que le plastique se retrouve dans la nature, il se décompose en morceaux de plus en plus minuscules sous l'influence du vent et du soleil. Le nettoyage de ces microparticules est une tâche impossible. Par conséquent, le problème doit être résolu à la source : nous devons utiliser moins de plastique !

Le problème du plastique est très tangible et visible. Chaque jour, nous sommes en contact avec du plastique et nous pouvons décider ce dont on en fait. Nous savons déjà comment collecter et recycler les déchets. Mais il s'agit maintenant de mettre en place les institutions et les systèmes nécessaires avant qu'on atteigne le point de non-retour et que notre océan se transforme en une soupe de plastique permanente.

Les entreprises doivent prendre leurs responsabilités

Selon Tinga, introduire un système de consignation aussi bien sur les bouteilles en PET de grande que de petite taille est la solution : « L’introduction de la consigne est un système rentable mais il oblige aussi les entreprises qui sont actuellement en concurrence les unes avec les autres à travailler ensemble. Cela nécessite un investissement important en termes d’organisation et de temps mais aussi en termes d'espace et de machines ». Il s'agit aussi de déterminer qui doit assumer la responsabilité finale. Les entreprises qui choisissent de travailler avec du plastique, un matériau non biodégradable, ont une plus grande responsabilité, selon Tinga, que les entreprises qui optent pour des matériaux qui ne sont pas ou moins nocifs pour l'environnement. « A partir du moment où un produit est vendu, les producteurs assument l'entière responsabilité vis-à-vis du consommateur, ce qui n'est pas possible dans le cas des emballages en plastique. Le producteur doit développer une meilleure conception de fin de vie de son produit et le consommateur doit aussi prendre ses responsabilités en évitant, autant que possible, que les déchets plastiques ne se retrouvent dans la nature ». L'approche de cette « responsabilité d'entreprise » est similaire à la façon dont les problèmes liés à l'amiante ou aux chlorofluorocarbures (CFC) ont été abordés. Dans ces exemples, les entreprises étaient aussi chargées de trouver des alternatives.

Tinga pointe également du doigt les multinationales face à leurs responsabilités. « En tant que multinationale, vous ne pouvez pas vendre l’équivalent de 30 milliards de dollars de petits emballages dans des pays où vous savez qu'il n'y a pas de système de gestion des déchets ». Le plastique est un problème mondial dont nous en avons tous la responsabilité.

Les chercheurs, les médias et les consommateurs ont enclenché une vague de sensibilisation. L'avis récent de la Commission européenne est un pas de plus dans la bonne direction. L'UE a élaboré des mesures pour interdire et restreindre l'utilisation des produits en plastique les plus couramment rencontrés dans la nature. « Le fait que le gouvernement néerlandais va mettre en place cette interdiction sur 10 produits à usage unique vous fait prendre conscience que le mouvement a été clairement mis en route. », ajoute Tinga.

Enoncer les problèmes est facile, formuler les solutions ne l'est pas

Les faits et les chiffres sur notre utilisation du plastique sont si stupéfiants qu'ils semblent presque sinistres. Cette réalité entraîne un sentiment familier d’impuissance. Tinga, cependant, nous apporte un optimisme surprenant : grâce à des ajustements simples qui ne coûtent que peu d'efforts, nous pouvons changer les choses. La première priorité est d'empêcher le plastique de se retrouver dans la nature. Ensuite, en réduire l’utilisation. Avons-nous vraiment besoin d'utiliser un sac en plastique pour l'achat d’un pot de poivre au supermarché ? Est-ce vraiment si difficile de remplir une bouteille réutilisable ? Est-ce un effort insurmontable que d'apporter notre propre sac pour ranger nos courses au supermarché ? Il faut s'y habituer mais en réalité, il ne s’agit que de petits ajustements qui auront un impact majeur sur l'environnement.

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Avec sa nouvelle campagne  Pick-Up 10,  Tinga tente de confronter les politiciens ainsi que les entreprises à leur impact réel sur l'environnement et dans la rue. Grâce à la surveillance des déchets, Tinga tente d'une part de faire prendre leurs responsabilités aux producteurs et d'autre part, de rendre socialement acceptable le ramassage des déchets par les citoyens eux-mêmes. En récupérant et en photographiant les détritus, la reconnaissance de photos par Google permet de déterminer la provenance des déchets ainsi que leur marque. Ramassez 10 déchets et devenez le héros de Merijn Tinga !

Le changement commence aussi par vous. Comment agir ? Posez des questions ! Commencez une pétition ! Créez un appel à l'action avec des objectifs réalisables et mesurables selon un délai déterminé. Ainsi, qui sait, vous deviendrez peut-être le prochain « Plastic Soup Surfer » !

Suivez ici les aventures de Monsieur « Plastic Soup Surfer ».

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