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Une étude mondiale sur le trafic de migrants révèle les coûts humains

Mr Jean-Luc Lemahieu, Directeur de l'analyse des politiques et des affaires publiques de l'ONUDC

21 juin 2018 - Le 13 juin 2018, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a lancé sa première « étude mondiale sur le trafic de migrants ». L'étude approfondie démontre que les itinéraires de la contrebande de migrants affectent tous les coins du globe et fournit aussi des informations détaillées sur les principaux itinéraires de la contrebande, tels que l'ampleur du phénomène, les profils des passeurs et des migrants clandestins, le mode opératoire des trafiquants et les risques encourus par ces migrants.

Même si le débat sur l'immigration et les réfugiés est une priorité à l'ordre du jour en Europe, il reste assez difficile pour le grand public de comprendre ce que le trafic de migrants implique réellement. Le deuxième protocole de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée définit le trafic illicite de migrants comme : « le fait d’assurer, afin d’en tirer, directement ou indirectement, un avantage financier ou un autre avantage matériel, l’entrée illégale dans un État Partie d’une personne qui n’est ni un ressortissant ni un résident permanent de cet État ». Dans ce contexte, une attention particulière doit être accordée aux personnes qui traversent les frontières de manière irrégulière en échange de paiements, a expliqué Mr Jean-Luc Lemahieu, Directeur de l'analyse des politiques et des affaires publiques de l'ONUDC, qui a présenté l'étude aux différentes entités européennes à Bruxelles le 15 juin 2018.

Dans l'étude, l'ONUDC a pu identifier trente routes principales de la contrebande dans le monde, conduisant très souvent vers des pays d'Afrique et d'Asie du Sud-Est, soulignant que, contrairement à ce qui est souvent supposé dans le monde occidental, ces routes sont véritablement mondiales. Au moins 2,5 millions de migrants ont été introduits clandestinement en 2016. M. Lemahieu a expliqué que le profit est la principale motivation des contrebandiers : « si l'on multipliait la redevance moyenne que les contrebandiers reçoivent par 2,5 millions, on pourrait atteindre des sommes comprises entre 5.5 et 7 milliards de dollars ». C'est la raison principale pour laquelle le trafic de migrants a atteint une telle ampleur aujourd'hui et est loin d'être terminé. Face à une question aussi complexe que celle du trafic de migrants, nous devons garder à l'esprit que « même si le contrebandier est un criminel, cela ne veut pas dire que le migrant l'est également » a ajouté Mr Lemahieu.

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L'étude démontre aussi que les trafiquants utilisent les routes terrestres, aériennes et maritimes - et une combinaison de ces dernières - dans leur quête pour tirer profit du désir des gens de trouver une vie meilleure. Les risques auxquels les migrants sont exposés sont assez difficiles à évaluer en raison de l'aspect illégal du phénomène. Néanmoins, les moyens de transport utilisés par les migrants peuvent nous donner une bonne indication des dangers auxquels ils sont confrontés. Dans ce contexte, M. Lemahieu a également souligné que « les méthodes illégales utilisées pour le trafic, par exemple, de stupéfiants ou d'art volé, sont similaires à celles utilisées pour le trafic des personnes. Les migrants sont perçus comme une marchandise, ce qui les mettent face à une position vulnérable et souvent à des conséquences dramatiques. » Cela signifie que pendant les voyages souvent dangereux que les migrants entreprennent, ils s'exposent à un large éventail de risques tels que la violence physique, le vol, l'exploitation, la violence sexuelle, l’enlèvement et même la mort.

Interrogé sur les solutions possibles pour lutter contre le trafic de migrants, M. Lemahieu a souligné que la contrebande de migrants est une question complexe qui implique des connotations politiques, émotionnelles et techniques. « L'Union européenne (UE) devrait en premier lieu veiller à ce qu'il y ait plus de possibilités pour les demandes de visa régulières et un accès légal vers l'Europe. À long terme, en plus de rendre une migration sûre et réglementée, il faudrait créer davantage d'incitations pour que les gens n'aient plus à quitter leur pays d'origine », a déclaré M. Lemahieu.

Cela implique que l'UE soit engagée tout autant dans la coopération au développement que dans le traitement des problèmes de sécurité dans les pays d'origine des migrants. En outre, un changement de perception est également nécessaire afin de démystifier l'idée erronée selon laquelle migrer vers des lieux tels que l'Europe, l'Afrique du Sud ou le Yémen est nécessairement synonyme d’une vie meilleure. Souvent, les migrants ne réalisent pas les risques réels et que leur lutte ne sera pas terminée une fois qu'ils arrivent dans leur pays de destination.

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