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143 millions de migrants climatiques internes d'ici 2050

Membres de bataillon jordanien de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti MINUSTAH

29 mars 2018 – Les changements climatiques pourraient pousser 143 millions de personnes à migrer à l’intérieur de leur propre pays d’ici 2050. Trois régions du monde seraient particulièrement touchées : l’Afrique subsaharienne (86 millions de personnes), l’Asie du Sud (40 millions de personnes) et l’Amérique latine (17 millions de personnes).

Ces chiffres inquiétants sont issus du rapport de la Banque mondiale « Groundswell : se préparer aux migrations climatiques internes », rendu public en mars.

Aux flux migratoires, déjà en forte croissance, dus à des conflits, à des persécutions ou à la pauvreté, s’ajoutent les mouvements de populations liés à l’impact des changements climatiques. Sècheresse, dégradation des sols, élévation du niveau de la mer, et d’autres phénomènes météorologiques extrêmes apparaissent désormais comme l’un des principaux facteurs, sinon le « principal moteur », des migrations et des déplacements de populations.

« Chaque jour, le changement climatique devient une menace économique, sociale et existentielle plus forte », insiste Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale.

Sècheresse extrême à Hyderbarda en Inde APSècheresse extrême à Hyderbarda, en Inde © AP

De plus en plus de zones inhabitables

Fondant son analyse sur l’étude notamment de trois cas particuliers, – l’Ethiopie, le Bangladesh et le Mexique – la Banque mondiale estime que de plus en plus de parties du globe deviendront inhabitables, contraignant des individus, des familles et mêmes des communautés entières à quitter les régions vulnérables de leurs propres pays pour des zones plus viables.

En Ethiopie, où la croissance démographique pourrait augmenter de 85 % d’ici 2050, les migrations seraient engendrées par une crise alimentaire due à une importante baisse des récoltes. Au Mexique, le manque d’accès à l’eau potable des zones rurales serait en cause, poussant ainsi l’intensification des migrations vers les zones urbaines. Au Bangladesh, où les « migrants climatiques risquent d’être plus nombreux que tout autre type de déplacés », le pays serait fragilisé par des épisodes répétitifs et dévastateurs de submersions des côtes. En août 2017, de violentes inondations de mousson ont déjà notamment touché plus de 43 millions de personnes au Bangladesh, au Népal et en Inde. Plus de 1 200 personnes y ont trouvé la mort et des millions d'autres ont été déplacées.

En 2017, quelques 22 millions de personnes dans le monde se sont déplacées du fait du changement climatique ou des catastrophes naturelles et de la dégradation de l’environnement, dont une écrasante majorité migrant à l’intérieur de leur propre pays, selon programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

La migration climatique interne pourrait ainsi devenir une menace économique et sociale et pourrait « dégénérer en crise humanitaire si rien n’est fait ». Mais il est encore temps d’éviter le pire : le nombre de migrants climatiques internes pourrait être réduit de 80 % (soit 100 millions de personnes), si la communauté internationale « agit sur plusieurs fronts » en poursuivant ses efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre et en se dotant des plans de développement et d’investissement pour mieux gérer les déplacements de population et comprendre les processus de migration climatique interne. Il s’agit donc bien comme le souligne Kristalina Georgieva d’encourager la communauté internationale à « participer activement au débat mondial sur la manière de mieux gérer le changement climatique et ses effets, pour mieux s’y préparer ».

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