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Gérer la migration : pourquoi un leadership est important

Louise Arbour Nations Unies

27 mars 2018 - Dans un article rédigé pour le site web « The Elders », Louise Arbour, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les migrations internationales , appelle les gouvernements négociant le Pacte Mondial pour des Migrations Sûres, Ordonnées et Régulières à saisir l'occasion de collaborer, tout en faisant preuve d'une direction politique forte en expliquant les avantages de la migration à leurs populations.

En décembre dernier, Dimitris Avramopoulos, le Commissaire européen chargé des migrations, des affaires intérieures et de la citoyenneté, écrivait courageusement dans un article pour Politico : « Il est temps d'affronter la vérité. Nous ne pouvons pas, et ne pourrons jamais, arrêter la migration ».

En termes simples, la seule option - non seulement pour l'Europe mais pour le monde entier - est que les pays développent une série de politiques qui maximisent les bénéfices de la migration et minimisent, sinon éliminent, ses défis. Plus facile à dire qu'à faire.

Outre l'impératif humanitaire, moral et même juridique de faire face au sort des réfugiés, la migration internationale peut, plus généralement, servir à produire des résultats optimaux pour tous : le pays d'origine, le pays de destination, les migrants eux-mêmes, les personnes qu'ils quittent, et les communautés dans lesquelles ils s'installent. Pour ce faire, la migration internationale doit, entre autres, être réactive à l'offre et à la demande internationale de la main-d'œuvre à tous les niveaux de compétence, reflétant à la fois les besoins économiques et les réalités démographiques.

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De nombreux obstacles s'opposent à l'élaboration de politiques migratoires justes et sûres : l'interaction complexe entre la souveraineté des États et leur inévitable interdépendance ; le manque de données fiables pour faciliter l'élaboration des politiques et même pour mesurer l'état actuel des choses sur de nombreuses questions critiques telles que la migration irrégulière ; la difficulté de contrôler les macro-facteurs de la migration, comme la pauvreté ou le changement climatique. Et comme il s'agit en fin de compte de personnes, le plus grand défi consiste probablement à répondre aux aspirations humaines, souvent conflictuelles. L'interaction ne se situe en fin de compte pas entre les pays, mais entre les gens ; ceux qui cherchent à s'améliorer et ceux qui craignent que cela ne se fasse à leurs dépens.

Par conséquent, la création de politiques migratoires progressistes dans les pays démocratiques requiert un discours intelligible à la fois pour les politiciens et pour la plus grande partie de l'opinion publique qui se soucie de ces questions.

Il est essentiel de comprendre qu'il est peu probable que l'acceptabilité d'une question comme celle de la migration dépende entièrement de faits rationnels, d'une analyse rigoureuse et de propositions objectivement justes. En effet, ce sont souvent les arguments les plus objectivement convaincants – tels que les arguments économiques – qui ont le moins d'influence sur le public lorsqu'ils entrent en concurrence avec des préoccupations profondément ancrées sur la configuration sociale et culturelle de l'avenir. S'il est nécessaire de contrer de telles opinions lorsqu'elles ne sont pas fondées sur des faits ou ne constituent rien de plus qu'un déni de la réalité, il est également essentiel de s'attaquer aux vulnérabilités et aux craintes sous-jacentes, et souvent mal exprimées, qui n’en sont pas moins réelles.

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Nous sommes à la veille d'un effort international visant à adopter un Pacte Mondial pour une Migration Sûre, Ordonnée et Régulière. La nécessité d'un tel cadre coopératif est particulièrement critique, car il est peu probable que la demande d'accès aux pays les plus riches soit pleinement satisfaite maintenant, ou même dans un avenir proche. Le Pacte est donc une occasion pour les États de coopérer afin de faire face à l'inévitabilité de la migration tout en gérant les attentes par le biais d'un processus équitable qui répondra au mieux à tous les intérêts, souvent contradictoires. Il s'agit d'une poursuite pragmatique, qui n’exclut pas un accord de principe.

Pour y parvenir, le processus doit faire progresser les deux objectifs suivants : premièrement, mettre en œuvre des politiques fondées sur une appréciation juste de l'interaction complexe des facteurs, entre autres, démographiques et économiques. Deuxièmement, ce processus de mise en oeuvre doit se faire tout en contrant, selon ses propres termes, un discours suggérant que les migrants « vont prendre le contrôle du pays » et, implicitement, mèneront à la disparition du groupe dominant existant qui fait dudit pays « une nation ».

C'est une tâche très difficile. Les bureaucrates peuvent élaborer des arguments rationnels et les démagogues peuvent les rendre publiquement attrayants. Mais seuls les grands leaders politiques peuvent faire les deux.

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