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En quête d’alternatives pour les passeurs

Bachir passeur Photo UNHCR Louise Donovan

17 août 2017 -  Plaque tournante du commerce international en or et sel depuis des siècles, la ville d’Agadès au Niger est plus récemment devenue un centre de contrebande et de trafic d’armes, de drogues et surtout de réfugiés et migrants désespérés en route vers l’Europe.

Ancien passeur, Bachir a transporté des personnes vers la Libye pendant près de 17 ans. Sa connaissance de la ville et du désert ont fait de lui un passeur prospère qui a acheminé, pendant des années, des personnes à travers le désert brûlant vers la Libye. Depuis 2015, lorsque cette activité est devenue illégale, il a beaucoup de difficultés à trouver des sources de revenus alternatives pour survenir aux besoins de sa famille.

« On ne sait rien faire d’autre », a-t’ il déclaré lors d’un entretien avec l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). « Vous voyez ? Nous avons perdu notre travail. Nous avons perdu notre moyen d’existence – car c’était notre vie. C’était ce qui nous permettait de manger. »

En 2015, principalement à cause de la pression opérée par les gouvernements des pays de l’UE, le Niger a adopté une loi sur la répression des passeurs qui aident ces voyageurs à traverser la Libye, principalement depuis l’Afrique centrale et occidentale. En retour, l’UE a alloué plus de deux milliards d’euros pour aider la région – et d’autres pays africains prioritaires – et répondre à des problèmes allant de l’insécurité au développement économique.

Bachir nous explique qu’avant 2012, lorsque Muanmar Khadafi était encore à la tête de la Libye, ses clients souhaitaient principalement rejoindre la Libye, le pays voisin au nord du Niger, pour y travailler – au lieu de la traverser. « La Libye était un pays attrayant. Les gens pouvaient y gagner autant d’argent qu’en Italie », indique Bachir.

C’est l’insécurité désormais généralisée en Libye qui a accru les risques pour ses clients voulant traverser la Méditerranée. Cela a entraîné une vague de répression sur son activité qui lui avait permis de subvenir aux besoins de sa famille pendant 17 ans. Jusqu’à présent, 12420 migrants ont été secourus au large des côtes libyennes en 2017, selon les données de l’OIM, l’Organisation internationale pour les migrations. Le nombre total de décès en mer Méditerranée s’élève à 2405.

Au Niger, les passeurs recherchent de nouvelles sources de revenus (vidéo en anglais)

Après la promulgation de cette nouvelle loi contre les passeurs, Bachir a cessé son activité illégale en octobre dernier pour entamer une nouvelle vie. Désormais, il vient en aide aux anciens passeurs comme lui, pour les préparer à un nouveau métier. Avec d’autres, ils aident des centaines de personnes à rédiger des propositions pour recevoir des fonds versés spécifiquement à d’anciens passeurs pour des projets de création d’entreprises commerciales ou de formations professionnelles.

« Nous sommes confiants car des représentants du gouvernement nigérien sont venus à nous. Ils nous ont réunis pour qu’on discute ensemble de ce problème. Nous leur avons fait part de nos préoccupations », explique-t-il.

Cette répression contre la traite d’êtres humains a toutefois un coût pour le pays, qui se place 187e sur 188 au total à l’Indice du développement humain, publié chaque année par le PNUD. Au Niger, où 46 pour cent des habitants vivent avec moins de 2 USD par jour, un chauffeur qui transporte des personnes vers la Libye peut gagner 4000 USD voire 5000 USD par voyage. Aujourd’hui, pour respecter la loi, beaucoup d’entre eux doivent trouver de nouvelles alternatives pour survivre.

Bachir souligne que les passeurs ont besoin d’une solution concrète pour abandonner l’activité qui leur a permis de subvenir à leurs besoins. Il existe une aide internationale mais, selon plusieurs locaux, elle est insuffisante. Le soutien de l’UE pour les formations professionnelles et la création d’entreprise peut ainsi venir en aide à seulement 200 personnes alors que plus de 6000 personnes à Agadès sont impliquées dans la traite d’êtres humains.

Mais c’est un début.

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