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Ebola, l’épidémie marque le pas au Liberia, mais laisse des séquelles pour des années

Ebola

5 février 2015 - Au terme d’une mission de trois mois au Libéria, Donaig Le Du, chargée de communication du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), témoigne de ce qu’elle a vu : un pays, encore marqué par des années de guerre, qui porte aujourd’hui et pour longtemps les séquelles de la plus terrible épidémie d’Ebola que le monde n’ait jamais connu.

J'étais volontaire, plutôt deux fois qu'une. Je voulais voir, témoigner, et essayer, dans la mesure de mes modestes moyens, de servir à quelque chose. N'empêche. L'arrivée à Monrovia, au mois d'octobre, a sans doute été l'une des expériences les plus terrifiantes de mon existence. Je me souviens de la première prise de température, du premier lavage de mains à l'eau chlorée, et du chauffeur à l'aéroport qui m'a tendu un flacon de désinfectant en me disant : à partir de maintenant, tu te laves les mains tout le temps.

Avec du recul, j'en ris. Les choses font bien plus peur lorsqu'on les imagine que lorsqu'on les vit en vrai. Je n'ai plus peur d'Ebola pour moi-même, parce que je sais comment me protéger, parce que je ne fais pas partie des soignants - ce sont eux, les vrais héros de cette histoire - et que je n'ai jamais eu la moindre intention de prendre un malade dans mes bras.

Ce que j'ai découvert, en revanche, pendant ces presque quatre mois au Libéria, c'est d'abord la terreur des villageois, dans les villages contaminés. De pauvres gens, illettrés, qui regardent mourir leurs voisins et qui ne comprennent pas. Les messages de prévention ont bien fonctionné, les contaminations baissent, mais là où des malades sont morts, les maisons restent vides. On les contourne soigneusement, et on ne les détruit même pas. Ce sont les versions modernes de la maison hantée.

J'ai ensuite rencontré la détresse. Les survivants, les orphelins... Ebola a brisé des familles entières qui vivaient déjà dans une extrême pauvreté. J'aurais bien aimé savoir quoi dire à cette vieille dame qui venait de perdre ses fils, qui devait élever ses petits enfants orphelins, et qui m'expliquait que, l'intérieur de la maison ayant été désinfecté à l'eau de javel, elle n'avait plus rien à se mettre sur le dos que les vêtements qu'elle portait ce jour-là. J'aimerais bien savoir quoi dire à cette jeune femme qui se retrouve aujourd'hui seule adulte valide de la famille, avec douze enfants à charge, les siens et ceux de ses sœurs disparues.

Voilà un pays qui porte encore les stigmates d'une si longue guerre civile. Au Liberia, il n'y a pas de réseau d'électricité digne de ce nom. Pas d'eau courante. Personne n'a terminé d'abattre les bâtiments pillés pendant la guerre et dont les carcasses se dressent, béantes et moisies, dans toutes les rues de toutes les villes.

Ebola a mis par terre le système de santé, déjà fragile, de ce pays. Les enfants ne sont pas allés à l'école depuis plus de six mois. Combien, parmi les orphelins d'Ebola, pourront y retourner un jour ? Il faut des frais d'inscription, des uniformes, autant de choses que les adultes qui les hébergent ne peuvent absolument pas payer.

Je vais quitter le Libéria, bientôt. Je vais partir avec l'image de ce petit garçon de six ans, guéri d'Ebola, rencontré lors d'une distribution de vivres. Un sac de riz s'était ouvert, dans l'herbe, devant le bâtiment. Alors, il a ramassé un petit sac en plastique parmi les ordures qui trainaient par terre dans la cour de l'hôpital où avait lieu la distribution, et il a commencé à ramasser les grains de riz qui s'étaient échappés du sac, un à un. Il a bien dû en ramasser un kilo, il a rempli son petit sachet, et il est fièrement allé le porter à sa maman.

Ebola a fait 3 605 morts sur un total de 8 478 personnes infectées. En tout cette épidémie a touché 21 724 personnes dans trois pays, Liberia, Sierra Leone et Guinée et en a tué 8 641

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