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Les visages de l'ONU : Bérénice Van Den Driessche

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Cette semaine, nous restons une fois de plus en Afrique où nous avons rencontré une employée de l’ONU provenant du Benelux. Bérénice Van Den Driessche est belge et vit à Dakar où elle travaille en tant que « responsable de l’information et de la sensibilisation » pour le Bureau régional de la coordination des affaires humanitaires pour l’Afrique de l'ouest et du centre (OCHA). Bérénice est spécialisée dans les matières qui concernent la région du Sahel. Cette région africaine recouvre neuf pays et souffre de crises complexes que Bérénice tente de mettre en évidence.

« La tâche principale de mon travail consiste à augmenter la visibilité des crises et à assurer que les gouvernements, les donateurs et les partenaires soient conscients de la situation », déclare Bérénice. « De cette façon, j’essaye d’obtenir davantage de ressources pour l’aide humanitaire, ce qui signifie que nous pouvons travailler de manière plus efficace et répondre aux besoins des plus vulnérables comme les enfants souffrant de malnutrition, les réfugiés ou les familles qui dépendent de l’agriculture et qui, par conséquent, souffrent du changement climatique et des conflits dans la région. »

Crise chronique

La région du Sahel est touchée par une crise chronique qui ne cesse d’empirer au fil des années. Il s’agit d’une des régions les plus arides du monde, mais le changement climatique a rendu les conditions météorologiques imprévisibles, provoquant, en outre, des inondations régulières. De plus, les habitants de la région doivent faire face à un niveau élevé d’insécurité alimentaire. À présent, il est alarmant de constater que 20 millions de personnes ne mangent pas à leur faim. 2,6 millions d’entre eux bénéficient de l’aide alimentaire au quotidien et cela, juste après la saison de récolte, lorsque la nourriture est censée être abondante. Nous prévoyons que le nombre de personnes dépendantes de l’aide alimentaire ne fera qu’augmenter tout au long de l’année, particulièrement en été. Les conflits s’additionnant dans la région ont entraîné le déplacement d’un grand nombre de réfugiés et de déplacés internes à la recherche d’un abri, ailleurs dans la région. Ajoutons à cela les 17 millions de personnes souffrant des épidémies de fièvre jaune ou de méningite. Certains pays dans la région du Sahel (Mali, Sénégal et Nigéria) furent frappés par l’épidémie de la fièvre Ebola l’an dernier. Bien que la situation soit actuellement sous contrôle, les crises ont démontré les faiblesses des infrastructures médicales. C’est la raison pour laquelle nous devons nous concentrer sur le développement et l’amélioration des services sociaux et médicaux dans ces pays.

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Puisque les crises dans la région perdurent depuis si longtemps et qu’à présent, d’autres crises humanitaires font rage dans le monde (notamment en Syrie, en Centrafrique et en Ukraine), les médias ne s’intéressent que très peu à la région du Sahel. L’épidémie Ebola a notamment attiré davantage l’attention des médias que les crises détruisant la région du Sahel. Bérénice tente donc de remettre ces problèmes sur le devant de la scène d’une manière créative. Actuellement, elle travaille sur le projet « Un an dans le Sahel ». Elle rencontre des familles à différents moments de l’année dans le but de raconter leur lutte quotidienne et de donner la parole à ces communautés touchées.

De plus, elle développe des campagnes et s’occupe de la diffusion des informations sur la nature des crises et les besoins de la région. Grâce à cela, elle espère obtenir plus de soutien et récolter davantage de fonds. « J’essaye d’expliquer à tous nos partenaires (aux acteurs de l’aide humanitaire et du développement, aux ONG et aux gouvernements régionaux) que nous devons investir à long terme », affirme Bérénice. « Souvent, ils ont tendance à se concentrer sur les besoins immédiats, mais pour améliorer la situation dans le Sahel, nous devons nous attaquer aux causes sous-jacentes des crises telles que la croissance rapide de la population, la gestion de l’eau et l’accès à l’éducation et aux services de base. »

Bérénice collabore étroitement avec Robert Pipper, Coordonateur régional des secours humanitaires pour le Sahel, et soutient son travail lorsqu’il rencontre des dirigeants mondiaux dans le but de relever des défis dans la région. Par conséquent, elle effectue ses propres recherches et est impliquée dans le lancement de l’ « Appel humanitaire pour le Sahel 2015 ». Ce rapport propose une stratégie humanitaire commune dans le but de répondre aux besoins de la région.

« Crise de résilience »

La crise actuelle est également appelée « une crise de résilience » : les habitants du Sahel sont extrêmement vulnérables, particulièrement aux changements climatiques. Par exemple, dans le passé, une inondation survenait à peine une fois sur quelques années. Aujourd’hui, la situation est différente : la région est touchée par ces inondations presque chaque année, ce qui signifie que les habitants n’ont pas assez de temps pour se remettre d’une crise avant la suivante. Lors de chaque nouvelle crise, ils deviennent plus faibles et leur résistance diminue. Il est de la responsabilité de chacun (gouvernements, acteurs du développement, travailleurs humanitaires) de prévoir assez de mesures afin que ces personnes puissent se relever au plus vite après chaque crise.

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Le rôle que OCHA joue dans cette région ne peut être sous-estimé. « OCHA est une organisation qui accomplit un travail essentiel », ajoute-t-elle. « En plus de coordonner les réponses humanitaires de centaines de partenaires, l’organisation décrit également la situation et collecte des informations sur les besoins humanitaires. Elle parvient donc à donner une image mondiale de la crise. Par ailleurs, le travail de l’organisation et les rapports publiés par OCHA déterminent la manière dont il faut agir avec les crises ». En raison de son expertise, OCHA est très respectée et les suggestions quant aux changements de politiques sont pris très au sérieux par les partenaires sur le terrain et par toutes les personnes impliquées. « Une des dernières raisons pour lesquelles j’ai décidé de travailler pour cette organisation est que je voulais créer l’information utilisée par les partenaires dans leur travail quotidien au lieu de seulement la recevoir », conclut-elle.

Plus d'informations : 

Interview de Robert Piper

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