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Les femmes en première ligne du trafic des êtres humains

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« Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude, l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes » explique l’article 4 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Nombreux sont ceux qui pensent que l’esclavagisme du XVIIIe et XIXe est bel et bien révolu, mais c’est loin d’être le cas. L’esclavagisme a évolué depuis cette époque, et se présente aujourd’hui sous de nouvelles formes.

Des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants sont victimes des différentes formes d’esclavage, que se soit le travail forcé, la traite d’êtres humains, le mariage précoce ou forcé, l’exploitation des enfants à des fins commerciales, la servitude pour les dettes ou encore l’esclavage traditionnel.

La traite d’êtres humains est très répandue. Elle consiste à enlever des personnes, par la force ou la ruse, et à les utiliser à des fins commerciales, sexuelles, ou autres. Dans le monde, ils sont 2,5 millions, principalement des femmes et des enfants, à être victimes de la traite d’être humains. Les femmes et les filles représentent 80% des victimes et les enfants entre 15% et 20%.

En France, elle concerne surtout les enfants venant des Balkans et d’Europe de l’Est. C’est une activité très lucrative pour ceux qui la pratiquent. En effet, selon les Nations Unies et le Conseil de l’Europe, elle rapporterait tous les ans environ 32 milliards d’euros, ce qui la place au troisième rang des trafics illégaux les plus répandus dans le monde après le trafic de drogue et le trafic d’armes.

D’autre part, 18 millions de personnes sont soumises au travail forcé. Ces personnes travaillent de manière illégale dans tous types de secteurs et sous la menace verbale ou physique. Les enfants ne sont pas épargnés, ils sont 215 millions à travailler au lieu d’aller à l’école. Les raisons qui expliquent ces chiffres sont multiples, ils peuvent avoir abandonné l’école, vivre des situations économiques et familiales difficiles, mais c’est surtout la traite d’être humain qui font d’eux des victimes du travail forcé et de l’exploitation sexuelle.

Les jeunes filles travaillent souvent comme domestiques, elles sont utilisées à des fins d’exploitations sexuelles (prostitution, films pornographiques), et sont aussi mariées de force. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) explique que «  plus de 250 millions de femmes dans le monde ont été mariées alors qu’elles étaient enfants ». La pratique est plus répandue en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, mais elle est aussi visible au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et dans certaines parties d’Asie.

Cependant, les pays occidentaux sont aussi le théâtre de ces violations des droits de l’homme. En France, en 2013, dix cas de mariages forcés ont été recensés et « 70 000 femmes seraient potentiellement menacées d’être mariées de force ».

En Belgique,  il existe à ce jour trois centres d’accueil spécialisés pour les victimes de la traite des êtres humains. Leur création était nécessaire étant donné que les chiffres sont en constante hausse. En 2008, le parquet traitait 386 infractions, alors qu’en 2013 il en a traité 432. L’exploitation pédopornographique a énormément augmentée. Entre 2011 et 2013, elle est passée de 85 victimes à 201. Durant la même période, les sévices sexuels ont eux aussi subi une augmentation, ils sont passés de 481 à 586 victimes

La pauvreté, l’inégalité des sexes, ou celle entre les populations rurales et urbaines, et les conflits armés, sont des facteurs qui jouent en défaveur des personnes victimes de ces formes d’esclavage.

Campagne Cœur Bleu  

Campagne coeur bleu

L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime a crée la campagne Cœur Bleu, pour combattre, au niveau international, les formes modernes d’esclavage. Le cœur bleu représente la détresse des victimes et il est devenu le nouveau symbole de la lutte contre ce crime. A travers cette campagne, l’UNODC souhaite sensibiliser les populations, et les convaincre de s’allier pour lutter contre la traite des êtres humains.

Quelques témoignages ont été recueillis, comme par exemple celui de Maria, une adolescente de 15 ans, qui a fait confiance à une femme de son village qui lui promettait d’améliorer sa situation et celle de sa famille, et qui l’a finalement forcée à travailler comme serveuse et à avoir des rapports sexuels avec des inconnus. Selon cette organisation « dans 30% des pays pour lesquels il existe des données sur le sexe des auteurs de la traite, les personnes condamnées pour des infractions liées à la traite sont majoritairement des femmes ».

Plus d’information

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Contre la traite des êtres humains

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