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11 Novembre 2014 -

N'oublions pas le choléra.

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Bruxelles, 11 novembre. Le choléra sévit toujours en Haïti avec près de 10.000 cas cette année. Alors que le monde entier suit l'évolution de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'ouest, Pedro Medrano Rojas, Sous-secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, rappelle que la bataille contre le choléra n'est toujours pas gagnée

 

"Depuis quelques mois, le virus Ebola a retenu l'attention des médias du monde entier. Il est tout à fait compréhensible qu'un nombre important d'articles de presse et de reportages qualifient l'épidémie en Afrique de l'Ouest de l'une des urgences les plus graves des temps modernes.

Mais nous ne devons pas oublier qu'une autre épidémie se poursuit de l'autre côté de l'Atlantique. Le choléra continue de créer une situation de crise en Haïti et la récente attention portée à l'épidémie d'Ebola devrait nous rappeler qu'il ne faut pas baisser la garde. Contrairement à Ebola, le choléra n'est pas un tueur systématique et peut être traité efficacement grâce à l'accès aux soins, mais il se déplace rapidement, transmis par les aliments ou l'eau contaminés. Dans un environnement ne disposant pas d'un minimum de systèmes de santé, d'hygiène, d'eau et d'assainissement, il provoque des épidémies mortelles, comme celle à laquelle Haïti est aujourd'hui confronté.

Ebola et le choléra ont toutefois en commun qu'ils se nourrissent de systèmes de santé publique faibles, et nécessitent une réponse soutenue pour les combattre. De plus, comme nous le rappelle Ebola, ces épidémies ne respectent pas les frontières dans le monde globalisé d'aujourd'hui.

Haïti continue d'avoir le nombre le plus élevé de cas de choléra des Amériques. Fin septembre 2014, plus de 707.000 cas suspects de choléra et 8.600 décès liés au choléra ont été enregistrés depuis le début de l'épidémie en octobre 2010. Avec les pluies abondantes et tardives du mois d'octobre, le nombre de cas a triplé par rapport aux mois précédents, et la situation pourrait encore s'aggraver. Depuis très longtemps, bien avant le tremblement de terre et le choléra, Haïti est très vulnérable aux catastrophes naturelles. Chaque situation d'urgence y est une opportunité pour les épidémies.

Nous œuvrons à des solutions à long terme. L'ONU soutient les efforts du gouvernement pour améliorer l'accès aux services d'eau potable, d'assainissement et de santé, et le Secrétaire général de l'ONU et le Premier ministre haïtien ont lancé, en juillet dernier, une campagne nationale d'assainissement et annoncé, en octobre avec la Banque mondiale, un plan sur trois ans. Mais l'ONU reconnaît aussi que le renforcement des systèmes et des capacités prendra du temps. Les activités d'intervention rapide, de prévention et de traitement doivent se poursuivre pendant que les infrastructures pour l'eau et l'assainissement sont en chantier et que la prestation de services est en voie d'amélioration.

Le vaccin oral contre le choléra offre une mesure préventive essentielle en complément des opérations de réponse rapide et du renforcement des systèmes. Cette intervention sûre, abordable et efficace protège les individus vaccinés et réduit la transmission et par conséquent le fardeau de la maladie dans une communauté. Le Gouvernement haïtien s'est engagé à vacciner 600.000 personnes contre le choléra en 2015. Alors qu'il vient de mener une campagne de vaccination en septembre, le gouvernement doit encore vacciner 313.000 personnes supplémentaires en 2015. Le coût s'élève à seulement 3 millions de dollars, mais il n'y a aucun financement disponible à l'heure actuelle.

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Quatre ans après le début de l'épidémie, on ne peut que constater le prix d'un soutien éphémère. En raison d'un manque de financement, certains partenaires ont quitté le terrain et de nombreux centres de traitement du choléra ont dû fermer, entraînant un accès plus difficile au traitement, une diminution de la surveillance en temps utile et un retard dans la riposte. Le manque de personnel médical dans les centres de traitement entrave également une réponse rapide. Il faut être en mesure de répondre à chaque alerte et fournir un traitement pour réduire la transmission et prévenir l'infection et de nouveaux décès.

À défaut, il aura un plus grand nombre de cas et de décès liés au choléra.

Le Premier Ministre haïtien, Laurent Lamothe, a déclaré que le choléra continue de créer une situation d'urgence qui exige toutes les stratégies possibles pour l'éliminer. À plus long terme, il faut une fois pour toutes investir dans les systèmes de santé publique du pays, en particulier en ce qui concerne l'eau et l'assainissement, et l'ONU soutient le gouvernement d'Haïti dans ses efforts. Mais cela prendra des années, et la réponse humanitaire reste nécessaire pour répondre aux épidémies et les contrôler aujourd'hui.
Le choléra et Ebola ont tous deux une portée limitée lorsqu'ils sont confrontés à une forte infrastructure de santé publique. N'en disposant pas, Haïti et les pays touchés par le virus Ebola doivent répondre aux épidémies tout en gardant un œil sur l'avenir.

Ebola nous rappelle que le travail en Haïti n'est pas encore terminé".

Pedro Medrano Rojas est Sous-Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies et Coordonnateur en chef pour la lutte contre le choléra en Haïti. 

Plus d'information

Le site de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti

11 Novembre 2014 -

« L'avenir de l'aide et du développement sera déterminé ici » - AidEx

AidEx

Mercredi et jeudi, des centaines d'experts dans le domaine de l'aide internationale et du développement se réuniront à Bruxelles Expo pour la 4ème conférence annuelle de 'AidEx'.

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07 Novembre 2014 -

En finir avec les mutilations génitales

Ethiopia FGM UN Phtoto

7 novembre 2014 - « Mes parents m’ont mis la pression pour que je sois excisée, mais j’ai refusé ! » nous raconte Nancy, une jeune femme vivant au Kenya.

L’excision n’est pas une pratique du passé. Selon l’Organisation mondiale de la Santé 125 million de filles et de femmes vivent aujourd’hui dans le monde avec les séquelles laissées par cette pratique.

La pression culturelle, sociale et religieuse pousse des parents en Afrique, en Asie et au  Moyen-Orient à pratiquer l’excision sur leurs filles souvent très jeunes.

Toutefois ces pratiques ont également lieu dans les pays développés. En effet depuis  2001, 3000 filles ont été soignées dans des hôpitaux britanniques à cause de ces pratiques. Et aux Etats-Unis 228 000 filles ont été exposées au risque de subir une excision notamment lors d’un séjour à l’étranger.

Les pays du BeNeLux n’échappent pas aux pratiques de l’excision. L’année dernière en Belgique, plus de 13 000 femmes ont vécu cette expérience traumatisante alors qu’en 2007 elles étaient 6260.  Aux Pays-Bas 28 000 femmes se sont trouvées dans ce cas. Il est très difficile d’avoir les chiffres exacts sur les mutilations génitales. D’une part car le sujet reste tabou, et d’autre part les femmes n’aiment généralement pas parler de cette expérience.  

L’une des membres du « Mouvement réformateur », le parti libéral belge francophone, Assita Kanko raconte son histoire : « J’avais 5 ans quand j’ai été excisée. Bien que cela ait été très douloureux, j’ai mis beaucoup de temps à m’en remettre mais je suis tombée amoureuse. Je ne sais pas si je dois me comporter différemment avec lui à cause de mes cicatrices.Est- ce que je dois les cacher ? Est- ce que j’ai quelque chose à me reprocher, et dois-je être plus gentille avec lui? Cette petite fille effrayée est toujours en moi… »

Arguant que la mutilation génitale est un crime contre l’humanité, le journal « The Guardian » et le Secrétaire générale de l’ONU Ban Ki-moon ont lancé une campagne mondiale pour bannir cette pratique.

End FGM campaign The Guardian

Fahma Mohamed  est la porte-parole de cette campagne. Etudiante britannique âgée de  17 ans, elle souhaite que toutes les écoles primaires et secondaires aient à disposition les informations nécessaires pour que les enseignants puissent discuter de l’excision avec leurs élèves dans le but de les rendre moins vulnérables face à leur famille.   

En collaborant avec les structures locales, The Guardian et l’ONU veulent créer un mouvement qui puisse être par des jeunes filles telles que Nancy au Kenya. Pour Ban Ki-moon, « La mutilation des filles et des femmes doit cesser. La bonne nouvelle est que plusieurs communautés au Kenya, et ailleurs dans le monde, ont déjà décidé de mettre fin à la mutilation génitale ».

Vous pouvez aussi contribuer à cette campagne en visitant le site  « End FGM », et signer la pétition en ligne pour encourager les gouvernements à placer cette question au centre leur préoccupation.

 Plus d’information

Le message du Secrétaire general Ban Ki-moon (en)

L’Organisation mondiale de la santé

La campagne « End FGM » (en)

L’entretien d’Assita Kanko

10 Novembre 2014 -

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Calendrier des événements du 10 au 14 novembre 2014 (et au-delà).

La perspective européenne n°46.

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