Jeudi, 19 Janvier 2017
UNRIC logo - français

l'ONU dans
votre langue

Actualité

30 Novembre 2016 -

Lac Tchad : n’attendons pas une autre famine pour agir

TobyLanzer Sahel 28JUNE16 625 415 good 3

30 novembre 2016 - Ils sont 11 millions, l’entière population de la Belgique, à avoir besoin de l’assistance internationale, urgemment. Ils vivent dans les pays autour du Lac Tchad et font face à une crise humanitaire complexe qui empire et menace de se transformer en famine.

En visite à Bruxelles, Toby Lanzer, coordonnateur humanitaire régional de l’ONU pour le Sahel, a tiré une nouvelle fois la sonnette d’alarme. « Personne n’entend le message que nous transmettons depuis maintenant neuf mois : la crise dans la région du bassin du lac Tchad s’est aggravée », a déclaré Toby Lanzer , lors d’une conférence de presse dans les locaux d’UNRIC.

« Sept millions de personnes se trouvent dans une situation de sévère insécurité alimentaire. Ces personnes sont au bord de la famine. Leur vie est ravagée par la pauvreté, les changements climatiques, mais également par les violences de Boko Haram. Ce groupe reste très difficile à contrôler et paralyse le commerce dans la région du lac Tchad », a-t-il poursuivi.

Au cours de ces derniers mois, la région a vu une résurgence des attaques de Boko Haram. De nombreuses infrastructures vitales comme des centres sanitaires, des écoles, des ponts et routes ont été détruites. De plus, l’accès aux services de base dans les zones de conflits est extrêmement restreint.

Plusieurs pays et organismes occidentaux se sont financièrement et moralement engagés dans l’assistance humanitaire. Parmi eux, on compte les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Belgique ainsi que le service de la Commission européenne à l’aide humanitaire et à la protection civile (ECHO).

« Pourtant, énormément d’États membres de l’Union européenne (UE) ne comprennent pas encore la gravité de la situation ni que ne pas s’engager aujourd’hui signifie s’engager demain à un coût bien plus élevé », affirme Toby Lanzer. « Faut-il une autre famine dans le bassin du lac Tchad pour que nous agissions ? », a-t-il lancé.

Selon les Nations Unies, 485 000 enfants souffrent de sous-alimentation sévère. Tous les jours, 200 enfants vont mourir dans la région du lac Tchad si nous n’agissons pas maintenant. L’insécurité alimentaire dans le nord-est du Nigéria est deux fois plus sévère depuis mars 2016.

La crise dans la région dépasse les enjeux régionaux et a un impact, qui ira en s’amplifiant sur les déplacements de population. 

Un grand nombre des migrants traversant la Méditerranée vers l’Italie et l’Europe sont originaires de la région du lac Tchad. « Un flot plus important de personnes tentera de partir, vers le Nord mais aussi vers le Sud ou l’Est », prévient Toby Lanzer. « Nous devons résoudre le problème ici et maintenant ».

29 Novembre 2016 -

Les violences faites aux femmes sont aussi une question d’argent

hotel de ville

29 novembre 2016 - La violence contre les femmes et les filles reste un problème majeur. Pour sensibiliser le public à cette  question, ONU Femmes a lancé 16 jours d'activisme mondial, à partir de la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes, jusqu'au 10 décembre, Journée des droits de l'homme.

Un Eurobaromètre sur la violence entre les genres montre que 96% des Européens pensent que la violence contre les femmes est inacceptable. Pourtant, les femmes et les filles à l'intérieur et à l'extérieur de l'UE continuent d'être victimes de violences généralisées.

Dans une enquête menée à l'échelle de l'Union européenne, les résultats ont montré qu'une femme sur trois a vécu des violences physiques et/ou sexuelles depuis l'âge de 15 ans, tandis qu'une femme sur dix a été victime de harcèlement sexuel ou d’harcèlement par le biais des réseaux sociaux.

La situation n’est pas meilleure en France. Selon ONU Femmes, en 2012, 148 femmes sont mortes de violences conjugales. En outre, 16% des femmes déclarent avoir été victimes de viols, ou  de tentatives de viols au cours de leur vie et moins d’une femme sur cinq le déclare à la police ou à la gendarmerie.

 Le Haut Conseil à l’Egalité, dans un avis datant de mars 2015, estime qu’en France 100% des utilisatrices des transports en commun ont été victimes au moins une fois dans leur vie de harcèlement ou d’agressions sexuelles.

« La violence contre les femmes et les filles est une violation des droits de l'homme, un problème de santé publique et un obstacle au développement durable, car elle impose des coûts considérables aux familles, aux communautés et aux économies », a déclaré Ban Ki-moon dans son message annuel pour la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes.

L'égalité des sexes et de l'autonomisation des femmes sont des éléments clésdu Programme de développement durable à l'horizon 2030, avec l’ODD 5 visant à l'élimination totale de toutes les formes de violence contre toutes les femmes et les filles dans la sphère publique et privée.

Un coût pour l’économie

L'Institut européen pour l'égalité des sexes a calculé que la violence contre les femmes coûte 226 milliards d'euros par an à l’Union européenne. Les efforts de financement visant à prévenir et à combattre la violence à l'égard des femmes ne sont pas seulement une obligation juridique et morale, mais aussi un investissement judicieux.

Cette année, le thème de la campagne du Secrétaire général pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles est intitulé : «Orangez le monde, levez des fonds pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles ». Elle souligne la nécessité d'un financement durable des efforts déployés pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes et les filles.

La couleur orange symbolise un avenir clair, optimiste et sans violence : notamment le Siège de l’ONU à New York, le Parlement européen à Bruxelles, l’Hôtel de Ville de Paris ont été illuminés d’orange en guise de soutien à la campagne.

Joignez-vous à notre campagne et partagez vos photos, vos messages et vos vidéos montrant comment vous « orangez » le monde en utilisant #orangetheworld!

25 Novembre 2016 -

Avec le Rwanda, le viol devient crime de guerre

JJ The Undcondemned2

25 novembre 2016 – Viols à répétition, violence sexuelle et traitements abusifs : tel était le quotidien des femmes rwandaises pendant le génocide qui a ravagé le pays d’avril à juillet 1994. Environ 800 000 Rwandais ont perdu la vie pendant ces trois mois et des milliers de filles et de femmes étaient abandonnées à leur souffrance. Le Tribunal pénal international pour le Rwanda leur a permis de trouver justice.

L’émotion était palpable dans la salle lors de la projection du film The Uncondemned ce mardi au Ciné-ONU. À l’occasion des 16 Jours d’Activisme contre la violence à l’égard des femmes, l’histoire du procès du maire de Taba, Akayesu, et des femmes qui ont témoigné contre lui sensibilise le public à l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit. C’est une histoire forte, l’histoire du combat de femmes rwandaises et de jeunes avocats pour la reconnaissance du viol comme crime de guerre. Ce procès devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda a changé le monde législatif à jamais.

Lors de cette projection organisée par le Centre régional d’information des Nations Unies et ONU-Femmes, plusieurs femmes impliquées dans la lutte pour l’élimination de la violence ont échangé sur la situation des femmes en temps de conflits. Parmi les intervenantes se trouvait Patricia Sellers, avocate spécialiste du droit pénal international, qui a fait partie du procès d’Akayezu. Forte de sa participation au procès, elle a rendu hommage aux « femmes fantastiques » du Rwanda.

De son côté, l’ONU continue à défendre les femmes et les filles, trop souvent victimes oubliées des conflits. En 2000, l’ONU a adopté la résolution 1325 réaffirmant l’importance du rôle des femmes dans les processus de paix, dans les réponses humanitaires, la sécurité, etc. Mara Mainaki, conseillère principale du Service européen pour l’Action extérieure sur le genre et la mise en œuvre de la résolution 1325, a souligné que le travail est loin d’être terminé et que la « guerre avait dépassé sa définition légale ». Elle a ajouté qu’il était essentiel que « les victimes qui témoignent doivent être protégées efficacement et ne pas faire face à une seconde victimisation ».

Toutefois, les femmes sont toujours victimes d’abus sexuels et obtiennent rarement justice. Dans de nombreux conflits dans le monde, les femmes et les jeunes filles sont soumises à des traitements dégradants et à la violence. En Syrie et en Iraq par exemple, l’esclavage sexuel par les groupes armés est également régulièrement dénoncé.

Cette année, le Prix Sakharov pour la liberté d’esprit sera d’ailleurs attribué à deux femmes yésidies Nadia Mourad et Lamiya Aji Bachar, esclaves sexuelles de Daech qui ont fui et se sont réfugiées en Europe. Elles deviennent le symbole des femmes victimes de violences sexuelles. Selon Dagmar Schumacher, la directrice du bureau bruxellois d’ONU Femmes, « les femmes ont maintenant un rôle plus proéminent dans les processus de paix, mais le chemin est encore long ».

THEUNCONDEMNED

24 Novembre 2016 -

Une employée de l’humanitaire sur deux victime de comportements abusifs

Investment FR

24 novembre 2016 - Remarques sexistes, attouchements, violences : les femmes qui travaillent dans le secteur humanitaire sont aussi victimes de comportements abusifs. Peu, cependant, rapportent les faits dont elles ont été victimes.

Une enquête menée par « Humanitarian Women’s Network » (HWN) et à laquelle 1005 femmes de 70 organisations différentes (ONG 60%, ONU 30% et 10% autres types d’organisation) ont participé, montre que plus de la moitié d’entre elles, (55 %) ont été la cible d’avances sexuelles de la part de collègues masculins. De plus, 48 % des participantes ont témoigné « d’attouchements non-désirés » et 4 % déclarent avoir été forcées à avoir des rapports sexuels.

Malgré ces chiffres, Rosalia Gitau, co-fondatrice d’HWN, interrogée par UNRIC, n’est que partiellement surprise par les résultats de l’enquête. « Je ne m’attendais pas aux résultats reçus concernant les abus sexuels. 4 % des participantes parlent de viol, ce qui correspond à 40 personnes. C’est énorme », déclare-t-elle.

Parmi les victimes, 6 sur 10 ne rapportent pas les abus ou violences dont elles ont été la cible.

« Il y a quatre ans j’ai été victime d’une agression sexuelle, commise par un collègue. Je n’en ai pas parlé à l’époque. J’avais honte et j’avais peur de mettre ma carrière en danger. Je savais que porter plainte allait entrainer de nombreuses questions et une longue enquête. Je ne me sentais pas la force de vivre tout ça », a raconté une victime, qui travaillait e Afrique et a accepté de se confier à UNRIC sous condition d’anonymat.

Pour celles qui rapportent les faits, en général il ne se passe rien (47% des cas), pour 22% d’entre elles, une enquête a été ouverte et 19% des agresseurs ont été sanctionnés.

Près de 70 % des femmes participantes ont déclaré avoir reçu des commentaires sur leur physique et la moitié des femmes interrogées dénonce des remarques sur l’intelligence des femmes. « Cela fait partie des défis que les femmes doivent relever dans le monde de l’humanitaire aussi, commente Rosalia Gitau.

La frustration ressentie à l’égard de cette situation a été l’élément déclencheur de la création de ce réseau de femmes travaillant dans l’humanitaire en décembre 2015.

Lors d’un diner avec des collègues en Guinée, Rosalia Gitau et trois autres femmes travaillant dans le secteur humanitaire ont décidé d’agir. « J’étais tout simplement fatiguée de discuter de notre mécontentement », se souvient-elle. Après ce premier entretien informel, elles ont décidé de lancer ce réseau et d’organiser ce sondage et de rassembler les premières données sur le sujet.

Le réseau a transmis ses conclusions au Comité permanent inter-organisations (CPI), forum central pour la coordination de l’assistance humanitaires entre les différentes agences. Elles demandent notamment la reconnaissance du problème et la mise en place d’un outil de contrôle efficace. « Je suis optimiste car beaucoup d’hommes et de femmes se sentent concernés », conclut Rosalia Gitau.

Si vous désirez plus d’informations sur le « Humanitarian Women’s Network » et cette enquête, veuillez cliquer ici (en anglais).

Pour plus d’informations sur la Journée internationale pour l’Élimination de la violence à l’égard des femmes, cliquez ici.

Page 8 sur 653

8

news32x32 DblueNominations

Réseaux Sociaux

facebook64x64 Dblue twitter64x64 Dblue
France et Monaco

facebook64x64 Dblue
Belgique et Luxembourg

cineonu