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Trois quarts des enfants et jeunes réfugiés en proie aux abus sur les routes migratoires de la Méditerranée

UNICEF Migration © Photo Unicef Romenzi

12 septembre 2017 – Les enfants et les jeunes migrants et réfugiés qui tentent de rallier l’Europe sont confrontés à des niveaux effrayants de violations des droits de l’homme. En effet, 77 % de ceux qui empruntent la route de la Méditerranée centrale rapportent avoir été victimes de mauvais traitements, d’exploitation ainsi que de pratiques pouvant s’apparenter à la traite des êtres humains.

Un nouveau rapport intitulé « Un voyage épouvantable » de l’UNICEF et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) sonne l'alarme et révèle que même si tous les enfants qui empruntent ces routes migratoires courent des risques considérables, ceux originaires d’Afrique subsaharienne sont bien plus menacés par l’exploitation et la traite que ceux venant d’autres régions du monde, avec un risque de respectivement 65 % contre 15 % le long de la route de la Méditerranée orientale par la Turquie et de 83 % contre 56 % sur celle de la Méditerranée centrale par la Libye. Une différence qui serait à mettre principalement sur le compte du racisme.

 «  Nous devons lutter contre la normalisation  », a souligné le directeur régional de l'OIM, Eugenio Ambrosi, lors du lancement du rapport à Bruxelles. , « Nous nous sommes habitués au nombre élevé de décès en mer, nous devons lutter contre le cynisme. Nous devons continuer d’être choqués, tristes et en colère ».

Les enfants qui survivent au voyage peuvent être sujets au viol, au travail forcé, à la captivité,  au mariage précoce, à la violence et toute autre forme d'abus. 72% des victimes détectées sont des filles qui souffrent d'exploitation sexuelle, tandis que 86% des garçons détectés sont victimes du travail forcé. Cependant, les abus peuvent être interconnectés et d’innombrables victimes restent inconnues indique le rapport. Les jeunes migrants qui empruntent des voies irrégulières courent le risque d'être capturés et privés de liberté. Ils peuvent être détenus par des agents de l'État, des trafiquants ou des groupes armés, ou même échangés dans des conditions semblables à celles de l’esclavage. La peur d'être arrêté et détenu conduit souvent les jeunes migrants et les réfugiés à la clandestinité.

Le rapport se fonde sur les témoignages de quelque 22 000 migrants et réfugiés interrogés par l’OIM, parmi lesquels environ 11 000 enfants et jeunes. Il appelle toutes les parties concernées à donner la priorité à la création de circuits migratoires sûrs et licites, à renforcer les services de protection des enfants migrants et réfugiés, à l’adoption d’une approche transfrontalière afin de mettre un terme à la traite et l’exploitation des êtres humains, ainsi que la lutte contre la xénophobie, le racisme et la discrimination à l’égard de tous les migrants et réfugiés.  

 «  Nous devons également nous rappeler  » a souligné Sandie Blanchet, directrice de l'UNICEF à Bruxelles, « que chaque pays de l'UE a ratifié la Convention relative aux droits de l'enfant. Le statut de l'enfant, qu'il soit un réfugié ou un migrant, n'a pas d'importance. Sur le sol européen, un enfant est toujours, et avant tout, un enfant.  »

Une question récurrente dans le débat actuel sur les migrations  est de savoir si la majorité des arrivants en Europe sont des migrants économiques ou des ou des réfugiés en quête de protection. Les agences des Nations Unies soulignent que cette question est complexe et que, selon une  étude de l'UNICEF, l'Europe n’est souvent pas l’objectif premier visé par les enfants.     

 « Conformément au cadre juridique actuel et à la Convention sur les réfugiés de 1951, il est vrai que c'est une infime partie qui peut être considérée comme  «  réfugiés », indique Ambrosi.  «  Toutefois,  a Convention fête bientôt ses 70 ans et la réalité actuelle est différente. Nous notons un ensemble de faiblesses qui ne sont pas couvertes par la Convention de 1951, comme le trafic d'êtres humains, ou les conditions de vie le long des routes migratoires qui donneraient le droit à une personne de demander une protection. L'OIM préconise une approche moins stricte. Nous avons besoin d'une approche plus nuancée ».

 « Nous devons également garder à l'esprit que les histoires que nous entendons sont celles des survivants », a ajouté Blanchet,  « Ce que nous n'entendons jamais, ce sont les histoires des enfants morts en chemin ».

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