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18 Août 2017 -

« J’ai toujours su que je travaillerais dans l’humanitaire »

“ Adem Shaqiri (au centre, chemise à carreaux bleue) négocie avec les propriétaires fonciers et autorités pour assurer un accès immédiat afin de fournir une aide aux 300 familles déplacées dans des camps sauvages à Khamir au Yémen. Février 2017. ©HCR “

19 août 2017 –  Près de 11 000 personnes travaillent pour le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), dont 87% sur le terrain. A l'occasion de la Journée mondiale de l'aide humanitaire, découvrez le portrait de Adem Shaqiri, fonctionnaire hors siège qui travaille au Yémen.

Nom : Adem Shaqiri, 41 ans, originaire de l’ex-république yougoslave de Macédoine.

Intitulé du poste : Fonctionnaire hors siège au Yémen, en charge de fournir protection et aide aux personnes déplacées dans six gouvernorats.

Expérience au HCR : 10 années, a travaillé au Darfour-ouest/Soudan, en Libye, au Liban, en Jordanie, et au Siège à Genève, en Suisse.

Pourquoi êtes-vous devenu travailleur humanitaire ?

Je viens de l’ex-république yougoslave de Macédoine. Lors du conflit au Kosovo, j’ai été témoin de ce que c’est d’être un déplacé ou un réfugié. Pendant des semaines, j’ai vu des bus arriver dans mon village, les uns après les autres. Ils amenaient femmes, enfants et personnes âgées qui n’avaient pour bagages rien d’autre que quelques sacs avec leurs vêtements à l’intérieur. C’est tout ce qu’ils avaient pu emporter avec eux avant de quitter le Kosovo. Beaucoup d’habitants du village, dont mes amis et moi, avions l’habitude de distribuer à boire et à manger aux personnes qui descendaient des bus. L’idée de devenir travailleur humanitaire est née à ce moment-là, lorsque nous offrions quelque chose aux personnes qui en avaient besoin. Leur visage souriant était notre plus grande satisfaction. Depuis ce jour j’ai toujours su que je travaillerais dans l’humanitaire.

Quel est l’aspect le plus gratifiant/difficile de votre travail ?

Il y a trois mois, je me suis rendu à Mocha. Nous venions en aide aux personnes déplacées qui vivaient sous des arbres sous une chaleur atroce. Il faut voir les visages de ces personnes lorsqu’elles reçoivent de l’aide, même s’il ne s’agit que d’un matelas ou de draps, car elles n’ont absolument rien. Ce qui est difficile dans notre travail c’est que le nombre de personnes dans le besoin est bien trop important. Il y a plus de deux millions de personnes déplacées et nous ne pouvons malheureusement pas toutes les aider. Lorsque deux familles sont dans le besoin, nous devons choisir celle qui est la plus démunie.

Quelle a été votre meilleure journée de travail ?

En 2012, je me trouvais à Tobrouk en Lybie. J’avais pour mission de gérer les problèmes d’accès lorsque des réfugiés venant de Syrie arrivaient à la frontière. Un jour, des agents m’ont indiqué qu’il y avait 16 enfants non-accompagnés âgés de 12 à 16 ans parmi ces réfugiés. Lorsque vous voyez des enfants en difficulté, vous pensez forcément à vos propres enfants. Je suis très sensible à cela. Nous sommes parvenus à acheminer ces enfants à Tripoli en quelques jours, et nous les avons ensuite ramenés à leurs familles. C’était l’un des plus beaux jours que j’ai pu vivre à travers mon travail au HCR. Lorsque ces enfants ont retrouvé leurs familles respectives, ils étaient si heureux.

Quelle a été votre journée de travail la plus difficile ?

Ma journée la plus difficile s’est déroulée dans un de mes lieux d’affectation passés. Les agents de la sécurité nationale avaient arrêté un jeune déplacé de 15 ans qui avait volé un mouton pour nourrir sa famille. Ils l’ont tellement battu, trois ou quatre jours durant, qu’il souffrait d’une hémorragie interne. Lorsque j’ai appris cela, il était à l’hôpital local. Accompagné de responsables locaux, je me suis immédiatement rendu dans cet hôpital pour essayer de le transférer dans un hôpital de la capitale afin qu’il puisse bénéficier d’un traitement approprié. Mais l’agent de sécurité a menacé les médecins et leur a ordonné de ne pas libérer le jeune garçon, même si le HCR avait payé pour son transfert. Pendant deux jours, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour sortir ce garçon de cet hôpital mais à la fin, il est décédé des suites de son hémorragie interne. S’il avait quitté cet hôpital, il aurait eu la vie sauve. Je n’oublierai jamais cet enfant. Lorsque je parle de lui, je pleure. Mais ce sont ce genre de situations qui vous poussent et vous rendent plus déterminé que jamais à bien faire votre travail.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) est présent dans 130 pays à travers le monde et vient en aide aux hommes, femmes et enfants obligés de quitter leurs foyers pour cause de guerres et persécutions. Le Siège du HCR est à Genève, mais la plupart du personnel est basé sur le terrain, afin de venir en aide aux réfugiés. Ce portrait est le premier d’une série mettant en lumière les équipes du HCR et leur travail.

17 Août 2017 -

En quête d’alternatives pour les passeurs

Bachir passeur Photo UNHCR Louise Donovan

17 août 2017 -  Plaque tournante du commerce international en or et sel depuis des siècles, la ville d’Agadès au Niger est plus récemment devenue un centre de contrebande et de trafic d’armes, de drogues et surtout de réfugiés et migrants désespérés en route vers l’Europe.

Ancien passeur, Bachir a transporté des personnes vers la Libye pendant près de 17 ans. Sa connaissance de la ville et du désert ont fait de lui un passeur prospère qui a acheminé, pendant des années, des personnes à travers le désert brûlant vers la Libye. Depuis 2015, lorsque cette activité est devenue illégale, il a beaucoup de difficultés à trouver des sources de revenus alternatives pour survenir aux besoins de sa famille.

« On ne sait rien faire d’autre », a-t’ il déclaré lors d’un entretien avec l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). « Vous voyez ? Nous avons perdu notre travail. Nous avons perdu notre moyen d’existence – car c’était notre vie. C’était ce qui nous permettait de manger. »

En 2015, principalement à cause de la pression opérée par les gouvernements des pays de l’UE, le Niger a adopté une loi sur la répression des passeurs qui aident ces voyageurs à traverser la Libye, principalement depuis l’Afrique centrale et occidentale. En retour, l’UE a alloué plus de deux milliards d’euros pour aider la région – et d’autres pays africains prioritaires – et répondre à des problèmes allant de l’insécurité au développement économique.

Bachir nous explique qu’avant 2012, lorsque Muanmar Khadafi était encore à la tête de la Libye, ses clients souhaitaient principalement rejoindre la Libye, le pays voisin au nord du Niger, pour y travailler – au lieu de la traverser. « La Libye était un pays attrayant. Les gens pouvaient y gagner autant d’argent qu’en Italie », indique Bachir.

C’est l’insécurité désormais généralisée en Libye qui a accru les risques pour ses clients voulant traverser la Méditerranée. Cela a entraîné une vague de répression sur son activité qui lui avait permis de subvenir aux besoins de sa famille pendant 17 ans. Jusqu’à présent, 12420 migrants ont été secourus au large des côtes libyennes en 2017, selon les données de l’OIM, l’Organisation internationale pour les migrations. Le nombre total de décès en mer Méditerranée s’élève à 2405.

Au Niger, les passeurs recherchent de nouvelles sources de revenus (vidéo en anglais)

Après la promulgation de cette nouvelle loi contre les passeurs, Bachir a cessé son activité illégale en octobre dernier pour entamer une nouvelle vie. Désormais, il vient en aide aux anciens passeurs comme lui, pour les préparer à un nouveau métier. Avec d’autres, ils aident des centaines de personnes à rédiger des propositions pour recevoir des fonds versés spécifiquement à d’anciens passeurs pour des projets de création d’entreprises commerciales ou de formations professionnelles.

« Nous sommes confiants car des représentants du gouvernement nigérien sont venus à nous. Ils nous ont réunis pour qu’on discute ensemble de ce problème. Nous leur avons fait part de nos préoccupations », explique-t-il.

Cette répression contre la traite d’êtres humains a toutefois un coût pour le pays, qui se place 187e sur 188 au total à l’Indice du développement humain, publié chaque année par le PNUD. Au Niger, où 46 pour cent des habitants vivent avec moins de 2 USD par jour, un chauffeur qui transporte des personnes vers la Libye peut gagner 4000 USD voire 5000 USD par voyage. Aujourd’hui, pour respecter la loi, beaucoup d’entre eux doivent trouver de nouvelles alternatives pour survivre.

Bachir souligne que les passeurs ont besoin d’une solution concrète pour abandonner l’activité qui leur a permis de subvenir à leurs besoins. Il existe une aide internationale mais, selon plusieurs locaux, elle est insuffisante. Le soutien de l’UE pour les formations professionnelles et la création d’entreprise peut ainsi venir en aide à seulement 200 personnes alors que plus de 6000 personnes à Agadès sont impliquées dans la traite d’êtres humains.

Mais c’est un début.

16 Août 2017 -

Les vacances scolaires propices aux mutilations génitales féminines pour de nombreuses filles du monde entier

Campagne ANTI MGF ©Walala Biotey Photo

14 août 2017 – Les mois de juillet, août et septembre sont propices aux excisions pour de nombreuses filles du monde entier. En période de vacances scolaires, elles ont en effet le temps de subir des Mutilations génitales féminines (MGF) mais aussi de se remettre de l’opération.

Bien qu’il n’existe qu’un nombre restreint de données officiellement collectées, les experts estiment que les MGF sont couramment pratiquées lors des vacances scolaires dans des pays tels que la Guinée, le Nigeria et la Somalie. Dans certains cas, les filles sont même amenées à voyager à l’étranger pour se soumettre à cette pratique. Chaque année, 180000 filles et femmes dans toute l’Europe risquent d’être victimes de MGF.

La médicalisation de la pratique, où des versions plus « légères » de MGF sont réalisées au sein des hôpitaux ou établissements de santé, est tout aussi préoccupante. En 2010, les agences des Nations Unies ont lancé une Stratégie globale pour empêcher le personnel soignant de pratiquer des MGF. « Plaider en faveur d’une forme mineure de MGF peut tout aussi bien être comparé à une « forme mineure de violence ou de discrimination » envers les femmes et filles du monde entier », a déclaré le Réseau européen END FGM.

Prévalence MGF UNICEF 2013

De quelque nature qu’elles soient, les MGF sont une violation des droits de l’homme reconnue internationalement. Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) s’est associé avec des gouvernements, professionnels de la santé, organisations locales mais aussi chefs religieux et jeunes militants pour encourager leurs communautés respectives et responsables politiques à abandonner cette pratique.

Et il y a de l’espoir, puisqu’une nouvelle génération remet de plus en plus en question cette pratique.

« Le monde change et les Somaliens également, » explique Nimo Hussain, membre de l’Institut Hargeisa des Sciences de la Santé. L’Institut a révisé son programme de formation au métier de sage-femme l’an dernier, avec l’aide du FNUAP, afin d’expliquer aux futures sages-femmes comment gérer les complications liées aux MGF qui peuvent survenir lors de l’accouchement. Le programme les prépare également à plaider en faveur de l’abandon de cette pratique.

Des jeunes militants membres du réseau de jeunes Y-Peer se sont également emparés de la question. A l’initiative du FNUAP, Y-Peer apprend aux jeunes à éduquer les membres de leur communauté au sujet de la santé sexuelle et reproductive. A Hargeisa, des militants discutent avec les professionnels de la santé, membres de leur communauté et autres jeunes d’une série de sujets, parmi lesquels la planification familiale, la violence sexiste, le mariage des enfants et les MGF.

Plusieurs chefs religieux encouragent également ces changements. Le directeur de l’Université internationale Horn, Cheikh Almis Yahye Ibrahim, âgé de 47 ans, est l’un des six cheiks de la région arabe  à avoir formé un groupe qui lutte contre les MGF. Il parle également des dangers des MGF aux 5000 membres de la mosquée Ibrahim Dheere. Contrairement aux idées reçues, l’Islam n’exige ni ne recommande en aucun cas les MGF sous aucune forme.

Aucune des trois filles du Cheikh Ibrahim n'a été excisée. « Je refuse qu’on fasse du mal à quoi que ce soit d’elles », il explique. « Elles doivent rester telles qu’Allah les a créées ».

10 Août 2017 -

Les Nations Unies plus efficaces dans la prévention des conflits que ce que beaucoup d’experts pensent

Contingent portugais d'ATNUTO accompagné denfants locaux dans le Timor oriental ©UN peacekeeping

10 août 2017 - Les Nations Unies ont été fondées en 1945 afin de prévenir les conflits et maintenir la paix dans le monde. Mais au fil des décennies, beaucoup ont remis en question l’impact des Nations Unies dans la prévention des conflits. Une organisation internationale sans puissance militaire peut-elle réellement prévenir les guerres ?

Une nouvelle étude publiée dans la revue Physica A répond à cette question par l’affirmative puisqu’elle démontre que les Nations Unies sont bien plus qu’un simple spectateur des événements mondiaux. L’organisation sert en effet de cadre diplomatique propice à réduire les risques de conflit.

D’après une analyse de plus de 65 années de résultats de vote menée par le Dartmouth College et l’Université de l’Etat de l’Ohio, l’Organisation des Nations Unies a été efficace dans le règlement des conflits au cours de son histoire. En plus d’analyser l’efficacité des Nations Unies dans la prévention des conflits grâce aux résultats de vote, l’étude évalue également l’impact de l’organisation sur la diffusion de la démocratie et la construction d’alliances défensives.

« Notre analyse apporte la preuve que les Nations Unies sont plus que le simple témoin des changements en matière de préférences politiques », explique Scott Pauls, directeur du Département des Mathématiques au Dartmouth College. Il ajoute que les Nations Unies « ont une influence sur les décisions futures, en particulier en réglant des conflits. »

La révision des 5143 résultats de vote de l’Assemblée générale des Nations Unies enregistrés entre 1946 et 2011 révèle que faire travailler les nations ensemble au fil du temps instaure une confiance et facilite une communication rapide et transparente qui augmente les chances de résoudre les crises pacifiquement.

« Il y a plus de nuances dans les résultats de vote que ce que nous avions pensé », déclare Skyler Cranmer, professeur en Sciences Politiques à l’Université de l’Etat de l’Ohio. « Les données montrent que les Nations Unies sont plus efficaces dans leur mandat qui consiste à éviter les guerres que ce que de nombreux experts pensent » conclut M. Cranmer.

Les missions de maintien de la paix des Nations Unies ont réellement amélioré les situations conflictuelles dans de nombreux pays. Voici une liste des opérations de l’ONU en cours ou achevées :

Mission des Nations Unies au Sierra Leone

Opération des Nations Unies au Burundi

Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire

Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste

Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo

En fournissant des garanties élémentaires de sécurité et en répondant aux crises, les opérations des Nations Unies soutiennent les transitions politiques et aident à solidifier les nouvelles institutions étatiques encore fragiles. Le travail des Nations Unies a permis à de nombreux pays de fermer un chapitre de conflit et d’ouvrir la voie au développement, même si de grands défis en matière de consolidation de la paix demeurent.

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  • Le Secrétaire général nomme Ruby Sandhu-Rojon, des États-Unis, Représentante spéciale adjointe pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (14 août 2017)

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